L'essentiel
- Associé
- Un seul, personne physique ou société
- Capital
- Libre, à partir de 1 €
- Dirigeant
- Un président, associé ou non, assimilé salarié s'il est rémunéré
- Imposition
- Impôt sur les sociétés, option temporaire pour l'impôt sur le revenu
- Dividendes
- Prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026, sans cotisations sociales
- Responsabilité
- Limitée au montant des apports
Qu'est-ce qu'une SASU ?
La SASU est une société par actions simplifiée (SAS) qui ne compte qu'un seul associé. Elle obéit aux mêmes règles que la SAS, prévues aux articles L227-1 et suivants du Code de commerce. Si un deuxième associé entre au capital, elle devient une SAS sans formalité de transformation.
Sa grande force est la liberté des statuts : l'associé unique organise lui-même le fonctionnement de la société. Il nomme obligatoirement un président, qui peut être lui-même ou un tiers. Son patrimoine personnel est protégé : en cas de difficulté, il ne perd en principe que ce qu'il a apporté.
Le capital est libre. Les apports en argent doivent être versés pour moitié au moins à la création, le solde dans les cinq ans. Les apports en nature (matériel, fonds de commerce) sont évalués par un commissaire aux apports, sauf dispense prévue par la loi.
Le statut social du président
Lorsqu'il est rémunéré, le président de SASU est assimilé salarié. Il relève du régime général de la Sécurité sociale, comme un cadre : assurance maladie, retraite de base et complémentaire, prévoyance. Il ne cotise pas à l'assurance chômage et n'y a donc pas droit.
Cette protection a un coût : à rémunération égale, les cotisations d'un président de SASU sont plus élevées que celles d'un gérant d'EURL, qui est travailleur indépendant.
Le président peut aussi ne pas se rémunérer. Dans ce cas, il ne paie aucune cotisation, mais il ne valide pas non plus de droits à la retraite. C'est fréquent au démarrage, ou quand le dirigeant se rémunère uniquement en dividendes.
Impôts et dividendes
Par défaut, les bénéfices de la SASU sont soumis à l'impôt sur les sociétés (article 219 du Code général des impôts).
Le taux réduit est réservé aux PME dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 millions d'euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. La loi de finances pour 2026 n'a modifié ni les taux ni le seuil.
Les dividendes
Le bénéfice restant après impôt peut être distribué à l'associé sous forme de dividendes. Depuis le 1er janvier 2026, ils supportent un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, en hausse après la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Vous pouvez opter à la place pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, avec un abattement de 40 %.
Les dividendes de SASU ne sont jamais soumis aux cotisations sociales, quel que soit leur montant. En EURL à l'impôt sur les sociétés, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital y est soumise. C'est l'une des principales raisons de choisir ce statut.
L'option pour l'impôt sur le revenu
Une SASU de moins de cinq ans peut, sous conditions, choisir d'être imposée à l'impôt sur le revenu pendant cinq exercices au plus. Les bénéfices sont alors directement imposés au nom de l'associé. Cette option peut être utile les premières années, notamment en cas de pertes.
Créer une SASU, étape par étape
- Rédiger les statuts. Ils fixent le nom, l'objet, le siège, le capital et les pouvoirs du président.
- Déposer le capital auprès d'une banque ou d'un notaire, qui délivre une attestation de dépôt.
- Publier une annonce légale de constitution dans un journal habilité.
- Déclarer la création sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), avec la déclaration des bénéficiaires effectifs.
- Recevoir l'extrait Kbis une fois la société immatriculée au registre du commerce et des sociétés.
Avantages et limites
Les avantages
- Une protection sociale proche de celle d'un salarié.
- Des dividendes sans cotisations sociales.
- Des statuts très souples, faciles à faire évoluer si un associé vous rejoint.
- Une cession facilitée : la vente d'actions est taxée à 0,1 %, contre 3 % après abattement pour des parts de SARL ou d'EURL.
Les limites
- Des cotisations élevées sur la rémunération du président.
- Pas d'assurance chômage pour le président.
- Une comptabilité complète, avec bilan annuel : le recours à un expert-comptable est fortement conseillé.
- Des statuts à rédiger avec soin, puisque peu de règles sont imposées par la loi.
Pour qui ?
La SASU convient bien aux consultants, freelances et créateurs qui dégagent des revenus confortables et veulent combiner une rémunération modérée avec des dividendes, ou qui tiennent à la protection du régime général. Elle convient aussi aux projets qui accueilleront des associés ou des investisseurs plus tard.
Si vous cherchez surtout à limiter vos cotisations et que vous vous versez l'essentiel de vos bénéfices en rémunération, l'EURL est souvent moins coûteuse. Et si votre chiffre d'affaires reste sous 83 600 € en services, la micro-entreprise peut suffire pour commencer. Comparer tous les statuts.
Sources
- Code de commerce, articles L227-1 et suivants (SAS et SASU), sur legifrance.gouv.fr
- Code général des impôts, article 219 (taux de l'impôt sur les sociétés)
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (prélèvements sociaux)
- Guichet unique des formalités : formalites.entreprises.gouv.fr
- entreprendre.service-public.fr
